Alors que le paysage universitaire guinéen traverse une phase de structuration sans précédent, l’École Doctorale en Sciences Juridiques, Politiques, Économiques et de Gestion de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry s’impose comme un modèle de résilience et d’ambition. Entre autonomie renforcée, partenariats internationaux et rigueur scientifique, son directeur, le Pr Aliya Diaby, lève le voile sur les défis et les perspectives d’un pôle d’excellence en pleine expansion.
Un nouveau souffle institutionnel
La réforme des écoles doctorales, actée par l’arrêté du 23 décembre 2025, marque un tournant décisif pour la recherche en Guinée. Pour le Pr Alia Diaby, cette mutation est « essentielle » pour redorer l’image de marque de l’activité académique nationale. Le texte mise sur un pilier central : l’autonomie des écoles doctorales.
Cette restructuration ne se limite pas à une simple réorganisation administrative ; elle insiste sur le travail collaboratif et la mise en place d’organes de gestion dédiés. « Nous sommes engagés à donner du contenu à cette réforme », affirme le directeur, saluant l’élan impulsé par le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation.
Un rayonnement qui dépasse les frontières
L’école doctorale en Sciences Juridiques, Politiques, Économiques et de Gestion ne se contente pas d’une expertise locale. Elle a bâti sa réputation sur une stratégie d’ouverture internationale. Si la valorisation des ressources nationales reste la priorité, l’institution s’appuie sur des partenariats solides avec l’étranger.
Ces collaborations permettent aux doctorants guinéens d’accéder à des laboratoires internationaux de renom. Mieux encore, les soutenances de thèses bénéficient de l’expertise de professeurs étrangers, tout en respectant scrupuleusement les exigences du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Depuis 2022, ce brassage intellectuel a déjà permis de former 17 docteurs, répartis entre le droit, l’économie et les sciences de gestion.
Vers une « promotion 2026 » de haute volée
L’agenda de l’école est particulièrement chargé pour l’année à venir. Actuellement, 43 doctorants de la troisième cohorte sont en fin de cycle. Une conférence doctorale est prévue entre février et mars 2026 pour évaluer l’état d’avancement des travaux et identifier ceux qui seront prêts à soutenir avant la fin de l’année.
Parallèlement, la direction s’attèle à relancer les enseignements pour la cohorte recrutée en juin 2024, dont le démarrage avait été retardé pour des raisons budgétaires et académiques. Le Pr DIABY souligne également l’apport précieux des enseignants-chercheurs de rang magistral recrutés à l’international par le ministère, qui viennent renforcer l’encadrement et les jurys aux côtés des experts guinéens.
Les défis de l’excellence
Malgré cet optimisme, la rigueur reste de mise. Le conseil scientifique n’hésite pas à exclure les candidats ayant largement dépassé les délais impartis, comme ce fut le cas pour certains inscrits en 2016 ou 2019. Pour l’heure, plusieurs thèses en droit, gestion et économie sont déjà sur le point d’être présentées en soutenance.
En guise de conclusion, le Pr Alia DIABY plaide pour une pérennisation des ressources allouées à la recherche. L’objectif est clair : faire de l’UGLC de Sonfonia-Conakry le fer de lance d’une élite intellectuelle capable de porter le développement de la Guinée et de la sous-région.
Interview réalisée par: SOW Telico, pour Educationactu.com


























