Une Scène peu banale a marqué, ce week-end, les habitants du Secteur M’Baraya, dans le quartier Kimbely 2, à Mamou. Ce qui ressemblait d’abord à une course-poursuite entre deux Étudiants et un mouton s’est révélé être une intervention Vétérinaire urgente, menée par deux Étudiants : Pépé Justin MANSARE et Mariama Ciré DOUMBOUYA, en situation de mémoire à l’Institut Supérieur des Sciences de Médecine Vétérinaire de Dalaba (ISSMVD).
Face à cette situation, Pépé Justin accepte d’expliquer ce qui se passe : l’animal était en détresse obstétricale un cas de dystocie, c’est-à-dire une mise-bas difficile.
« Nous intervenons même sans le propriétaire »
Calme et précis, l’Étudiant explique son geste : « Quand un animal est en position dystopique, il ne peut pas mettre bas seul. Et nous, en tant que vétérinaires, nous avons l’obligation morale d’intervenir, même si le propriétaire n’est pas là. L’amour que nous avons pour la médecine vétérinaire nous pousse à agir, malgré les risques.»
Des risques bien réels : intervenir dans un quartier où personne ne vous connaît peut facilement prêter à confusion. « On peut vous prendre pour un voleur de moutons, alors que vous essayez juste de sauver un animal », raconte-t-il.
Un fœtus trop gros pour la mère : la cause du problème
Devant les habitants médusés, Pépé Justin et son amie Mariama Ciré constatent que le fœtus est bien positionné mais trop volumineux pour passer.
Il explique : « C’est ce qu’on appelle une disproportion fœto-maternelle. Beaucoup d’éleveurs croisent aujourd’hui les brebis locales avec des races sahéliennes. Le petit devient alors plus grand qu’un agneau guinéen normal, ce qui complique la mise-bas. »
Face à l’urgence, il appelle une Collègue, Mariama Ciré DOUMBOUYA, pour l’aider à extraire le fœtus en sécurité.
« On était encore dans le temps » : la course contre l’asphyxie
L’expression « on est dans le temps », répétée par le jeune vétérinaire pendant l’intervention, intrigue les témoins.
Il précise : « Tant que le cordon ombilical n’est pas rompu, le fœtus respire encore par le placenta. On avait environ une demi-heure avant qu’il ne s’asphyxie. »
Une précision essentielle, loin des notions d’“heures” auxquelles les non-spécialistes pensent spontanément.
Après l’intervention, la prévention : l’asepsie, souvent négligée
Une fois l’agneau extrait, Pépé Justin et Mariama Ciré procèdent immédiatement à la désinfection. Un geste simple mais rarement pratiqué dans l’élevage traditionnel local.
« L’asepsie permet d’éviter les infections comme la métrite ou la vaginite. Beaucoup la négligent. Pourtant, elle protège la mère après l’effort. »
Des conseils pour les éleveurs : mieux suivre les gestations
Dans un contexte où l’élevage reste largement extensif et peu contrôlé, il est difficile de prévoir les dates de mise-bas.
« Si les animaux étaient regroupés et suivis, on pourrait déterminer la période de gestation. Mais dans nos pratiques actuelles, c’est presque impossible », regrette le jeune vétérinaire.
Un travail de recherche dédié aux animaux de Mamou
Le cas survenu à M’Baraya, ne tombe pas par hasard. Il s’inscrit dans le cadre du thème de recherche de Pépé Justin MANSARE : « Les causes et la prise en charge des cas de dystocie chez les ruminants domestiques dans la commune urbaine de Mamou. »
Une intervention improvisée qui a permis de sauver une brebis, mais aussi de sensibiliser tout un quartier sur l’importance du suivi vétérinaire.
Depuis Mamou : SOW Telico pour, Educationactu.com qui a suivis la scène

























