Sous l’impulsion du Ministre Alpha Bacar BARRY, Conakry pose les bases d’un pôle régional d’excellence en mathématiques, pour faire face à la pénurie d’enseignants et former les Scientifiques de demain.
À Conakry, les travaux de l’atelier national de finalisation du projet de création de l’Institut Ouest-Africain de Mathématiques (IOAM) ont été officiellement lancés. Portée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Alpha Bacar BARRY, cette initiative s’inscrit dans la vision stratégique du président de la République, le Général Mamadi DOUMBOUYA. Elle vise à répondre à une double urgence : le déficit criant d’enseignants qualifiés en mathématiques dans les collèges et lycées guinéens, et le besoin impérieux de former une élite scientifique capable de relever les défis du XXIe siècle.
Former, innover, bâtir
Conçu comme un centre régional d’excellence académique, l’IOAM entend former une nouvelle génération de mathématiciens, d’ingénieurs, de statisticiens et de chercheurs. Les champs d’application ciblés sont multiples : intelligence artificielle, agriculture de précision, santé publique, finance quantitative, ingénierie… Le futur institut proposera des formations allant de la Licence au Doctorat, avec des modules spécifiques destinés à la mise à niveau des enseignants du secondaire.
« Le rôle des mathématiques dans le développement scientifique et technique des pays est fondamental. Former nos jeunes à cette discipline, c’est leur donner les clés pour bâtir l’avenir », insiste le professeur Aboubakary Diakhaby, expert du comité de pilotage, enseignant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal).
Une réponse à une crise silencieuse
Pour le ministre Barry, ce projet répond à un constat alarmant. « Moins de cinq enseignants titulaires d’un doctorat en mathématiques sont actuellement en poste dans notre système. Lors d’un concours national pour la préparation à l’agrégation, seuls deux candidats sur cinquante ont été retenus. C’est un signal d’alarme », déplore-t-il.
En complément des formations classiques, l’IOAM abritera un centre de mise à niveau pour enseignants ainsi qu’un centre de préparation à l’agrégation. Objectif : renforcer la qualité de l’enseignement des mathématiques dès le secondaire et structurer une filière d’excellence durablement.
Repenser la souveraineté Scientifique
Alpha Bacar BARRY appelle également à réduire la dépendance extérieure en matière de formation statistique. « Aujourd’hui, nous envoyons nos étudiants en Côte d’Ivoire, à l’Institut national de statistique d’Abidjan. Il est temps de créer ici, en Guinée, des structures de référence capables de former nos talents sur place », plaide-t-il.
Si les recommandations issues de l’atelier sont validées, les premières cohortes pourraient être accueillies dès octobre 2025. Un pari audacieux que le ministre assume pleinement. « Nous avons décidé d’avancer sans attendre. Nos partenaires comme la Banque mondiale ou l’AFD viendront en cours de route. Ils nous trouveront déjà en action », assure-t-il.
Avec l’IOAM, la Guinée espère non seulement combler ses retards, mais surtout devenir un acteur incontournable de la formation scientifique en Afrique de l’Ouest.























