Sous l’impulsion du ministre Alpha Bacar Barry, le gouvernement guinéen a lancé ce vendredi un programme national de fabrication de tables-bancs. Particularité de l’initiative : ce sont les apprenants des Centres de Formation Professionnelle (CFP) qui fabriquent eux-mêmes le mobilier destiné aux écoles primaires du pays, alliant ainsi apprentissage pratique et utilité publique.

Un double pari : pédagogie active et réponse logistique

La cérémonie inaugurale, co-présidée par les Secrétaires généraux Dr Youssouf Boundou Sylla et Dr Julien Bongono, marque le début d’une opération d’envergure nationale. En confiant la fabrication du mobilier scolaire aux CFP, le ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle brise le cycle de la théorie pure pour entrer dans l’ère de la « production à forte valeur sociale ».
L’objectif est limpide : équiper durablement les salles de classe du primaire sur l’ensemble du territoire, tout en plaçant les futurs techniciens au cœur de la chaîne de valeur.

Les trois piliers d’une réforme structurante
Cette dynamique, portée par la vision du ministre Alpha Bacar Barry, repose sur un triptyque stratégique :
L’apprentissage par la pratique : Les élèves sortent des ateliers de simulation pour se confronter à des commandes réelles et des standards de qualité industrielle.
L’utilité sociale : Chaque table-banc produite par un apprenant contribue directement à l’amélioration des conditions d’études de ses cadets du primaire.
L’efficacité budgétaire : Le système éducatif répond à ses propres besoins en mobilisant ses ressources internes, optimisant ainsi les investissements publics.

La formation technique comme moteur de souveraineté
Au-delà de l’aspect matériel, ce programme incarne une ambition politique plus vaste. Il s’inscrit dans la trajectoire tracée par le Président de la République, le Général de Corps d’Armée Mamadi Doumbouya, visant à faire de l’enseignement technique un pilier de la souveraineté nationale.
En produisant localement ce dont elle a besoin, la Guinée démontre que sa jeunesse dispose des compétences nécessaires pour soutenir le développement économique et l’inclusion sociale. Les CFP ne sont plus de simples lieux de passage, mais de véritables unités de production au service de la nation.

Vers une généralisation du modèle ?
Le succès de ce lancement ouvre la voie à une extension du concept « Former en produisant » à d’autres secteurs. Si les apprenants peuvent équiper les écoles en mobilier, d’autres filières comme la construction, la couture ou la mécanique pourraient bientôt suivre ce modèle d’immersion professionnelle accélérée.
Pour le système éducatif guinéen, c’est le début d’une transformation où le diplôme n’est plus une fin en soi, mais la certification d’une capacité réelle à transformer l’environnement socio-économique du pays.

Pourquoi ce modèle est-il vertueux ?
L’initiative « Former en produisant » résout l’une des plus grandes critiques faites à l’enseignement technique africain : le décalage entre la formation et l’emploi. Ici, l’apprenant est traité comme un professionnel dès le premier jour. En fabriquant ces tables-bancs, il acquiert une rigueur de production et une fierté civique. Pour l’État, c’est un circuit court intelligent : former la main-d’œuvre de demain tout en résolvant les carences logistiques d’aujourd’hui.


SOW Télico, pour EducationActu.com























