Alors que le ministère de la Fonction publique prévoit l’organisation d’un nouveau concours de recrutement, l’intersyndicale tient à clarifier sa position. Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE), précise que les syndicats ne s’opposent aucunement au principe de sélection des meilleurs profils, mais contestent vivement la réévaluation des enseignants contractuels déjà admis.
Selon les chiffres syndicaux, sur 14 500 enseignants contractuels communaux recensés, biométrisés et évalués en pratique de classe en 2024, un quota de 10 000 a été retenu. Parmi les 4 500 non retenus en raison des quotas préfectoraux, la quasi-totalité (à l’exception de 60 personnes) a obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10/20.
« Quand quelqu’un a déjà été évalué en pratique de classe et a obtenu la moyenne, il est totalement incohérent de vouloir le soumettre à une nouvelle évaluation par les mêmes évaluateurs. Le protocole d’accord stipule clairement que ces contractuels ayant la moyenne doivent être prioritaires pour l’engagement direct », martèle Pépé Balamou.
Salaires bloqués, statut particulier et vétusté des infrastructures
Outre le dossier des contractuels, les représentants des enseignants pointent du doigt plusieurs dysfonctionnements majeurs :
Blocages salariaux et arriérés : De nombreux enseignants attendent toujours le déblocage de leurs rémunérations ainsi que le versement d’arriérés accumulés depuis fin 2023 et les primes d’incitation.
Statut particulier : Les travaux de la commission chargée de finaliser le statut particulier des personnels de l’éducation et de la formation piétinent depuis plusieurs mois sans résultat concret.
Conditions d’accueil dégradées : L’intersyndicale dénonce le manque criant de fournitures, de matériel didactique et de tables-bancs, ainsi que l’état de délabrement poussé de nombreux établissements à Conakry et à l’intérieur du pays.
Risque de grève : Le gouvernement appelé à respecter ses engagements
Prenant la parole au nom du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah lance un appel pressant aux autorités et aux instances de dialogue social pour qu’elles interviennent auprès de l’Exécutif afin d’éviter une crise à la rentrée.
Le leader syndical conditionne une reprise apaisée des cours au respect strict des engagements gouvernementaux, incluant la régularisation des grades, le déblocage des salaires et la prise en compte des contractuels de Conakry et des zones omises.
« Lorsque les autorités nous demandent une rentrée paisible, la balle est dans le camp du gouvernement. S’il ne respecte pas ses engagements d’ici l’ouverture des classes, il n’y aura pas d’ouverture apaisée », prévient Aboubacar Soumah.
À l’approche de l’échéance du 5 octobre, la balle est désormais dans le camp des ministères sectoriels pour désamorcer la crise et garantir la continuité du service public de l’éducation.
Hawaou Barry, pour Educationactu.com









